Saint-Omer- les 8e RI - 208e RI - le 7e RIT

Il s'git des parcours de guerre et de l'histoire des hommes qui servirent aux 8e RI - 208e RI et 7e RIT de Saint-Omer durant la Grande Guerre.

27 juin 2009

Le lieutenant Georges Lefebvre

Le lieutenant Georges Lefebvre.

C’est en novembre 1894 que Georges Lefebvre rejoint le 73e d’infanterie à Béthune où, après la période d’instruction, il est nommé caporal avant de suivre les cours de préparation d’officier de réserve et d’en sortir aspirant.

Libéré de ses obligations militaires, Georges reprend ses études et obtient son diplôme de docteur en droit en 1899.

Il se marie en 1902 et en 1906, il s’installe à Saint-Omer en tant que notaire.

Vient le 1er août 1914, Georges est informé de la mobilisation générale par son clerc.

Il est alors lieutenant au 7e d’infanterie territoriale de Saint-Omer.

Après avoir d’abord intégré une commission de réquisition, il rejoint la 21e compagnie sous les ordres d’un capitaine et composée de 30 sous-officiers et de 800 hommes de troupe.

Fin août, il est dirigé vers Lisieux puis rejoint Bergerac où les dépôts des 8e et 208e d’infanterie se mettent en place.

C’est ainsi qu’il assiste aux divers exercices et manœuvres de sa compagnie.

Au printemps 1915, il passe au 95e territorial et rejoint Brive la Gaillarde.

Quelques semaines plus tard, il embarque en train et arrive dans la haute vallée de la Thur, à Cornimont puis à Thann au printemps 1916.

Nommé capitaine, il est affecté au 5e bataillon du 76e territorial en stationnement sur les hauteurs dominant Kruth et la vallée de Saint-Amarin.

Le temps passe, l’hiver arrive, il fait très froid -27°, la compagnie perd 40 hommes pour pieds et mains gelés…

En mars 1917, il est affecté à la direction des étapes de la 7e armée à Lure où il écrit : « c’était un poste bureaucratique de tout repos…. ».

En octobre 1918, un emprunt national lui permet son retour à Saint-Omer puis il rejoint Remiremont avant d’être démobilisé.

Voici le texte de la citation à l’ordre de la brigade qu’il a reçue le 25 décembre 1918 :

« Officier d’une haute valeur morale. Commandant en 1915 et 1916, une compagnie territoriale chargée de travaux de campagne dans la vallée de la Thur, a su obtenir sous des bombardements fréquents, un excellent rendement grâce à ses exemples de courage et de sang-froid ». Signé : général de division Cauboue.

Remerciements à Monsieur Jacques Delecourt, Hélène et Patrice.



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21 juin 2009

Des tués à Paissy

Des tués à Paissy.

Alors que les journées semblent calmes au 8e, des hommes tombent ou décèdent des suite de leurs blessures...

Parmi ceux-ci, notons :

- le soldat Enoc Chabrie originaire de Tonneins 47, tué à Troyon le 20 juin,

- le soldat Edmond Deblonde originaire de Lens, tué à Paissy le 20 juin,

- le soldat Alfred Buriez originaire d'Haubourdin, tué à Troyon le 20 juin,

- le soldat François Gottrand originaire de Vieille-Chapelle, tué à Paissy le 20 juin.

Ces soldats reposent dans la nécropole de Cerny en Laonnois, ci-dessous, voici les photos de leur sépulture.

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10 juin 2009

Paissy en juin

Paissy en juin.


Après les journées calmes de la fin mai, le 8e est toujours en ligne à Paissy.

Le 1er juin, c’est le chef de bataillon Mougin qui prend le commandement du 3e bataillon. C’est aussi la journée des coups de main après préparation du terrain par les mortiers de 58.

Il en existe de 2 types dont les projectiles sont destinés aux tranchées proches, leur portée variant de 450m à près de 900m. L’un d’eux évoluera et aura une portée de 1500m en 1917.

L’ennemi réagit et envoie des seaux à charbon qui sont des cylindres métalliques contenant une charge explosive, je n’en connais pas la portée ni l’efficacité.

S’en suit alors un combat à la grenade, il y a 1 tué et 5 blessés.

Les jours suivants sont calmes et le 4, l’organisation change quelque peu, le secteur du 8e s’élargit.

Le 1er bataillon se trouveà l’est et le 2e à l’ouest.

C’est le 14 juin que le 3e bataillon remplace le 1er qui part au repos.

Voici les 2 types de mortiers en 1916.


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01 juin 2009

Paissy fin mai 1916

Paissy fin mai 1916


Le 18 mai 1916, le lieutenant-colonel Roubert prend provisoirement le commandement de la 4e brigade tandis que le chef de bataillon Vignal prend celui du 8e.

Les journées sont calmes sur le front de Paissy.

Le 25 mai, le chef de bataillon Vignal est nommé lieutenant-colonel et prend le commandement du 55e RI le 28 mai. Le lieutenant-colonel Roubert rejoint le 8e.

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22 mai 2009

Information

Les catégories du blog sont, comme celles du 73e, modifiées pour une meilleure visibilité.

A cette occasion, je vous présente l'affiche dédiée au 8e, merci à Patrick d'avoir eu cette excellente idée.

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Le sous-lieutenant Paul Courbois

Le sous-lieutenant Paul Courbois.


Incorporé au 8e en septembre 1914, Paul est nommé sergent le 30 janvier 1915.

Au front en mars, c’est le 12 juin qu’il est nommé sergent-major dont le poste consiste à aider le capitaine dans la gestion de la compagnie.

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Il participe alors aux combats des Eparges et du bois d’Ailly avant son retour sur l’Aisne au bois de Beaumarais non loin de Pontavert.

Comme tous, il souffre du froid et de l’éloignement de ses proches.

Il connaît aussi le cafard comme tout soldat et en fait part à ses parents. Il le regrette et le 12 janvier 1916, il écrit en ces termes :

« Les misères physiques sont rares, ce n’est rien. Quant aux misères morales, elles sont guéries dès que j’ai de bonnes nouvelles de vous ».

Et puis, c’est l’enfer de Verdun où il est en ligne le 27 février 1916.

Après une période de repos, il rejoint la région de Paissy sous le Chemin des Dames.

Le 6 septembre, il connaît un autre enfer : c’est la bataille de la Somme.

Trois jours plus tard, il écrit :

« Quel tragique et sublime spectacle ! Jamais, je n’ai rien vu d’aussi grandiose et comme on est fier de marcher sur la terre de France reconquise. Je vous écris au milieu d’un véritable enfer, la canonnade fait rage… ».


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Le 29 septembre, Paul est promu sous-lieutenant dans la 3e compagnie de mitrailleuses. La tâche est ingrate et très dangereuse, les mitrailleurs étant particulièrement visés par l’ennemi…

Voici 1917 : janvier et février se passent à Beauséjour dans la Marne, secteur très meurtrier de 1915.

Une grande offensive se prépare, il s’agit de celle du Chemin des Dames.

Paul est en ligne non loin de Craonne où il a la mission de reprendre le bastion de Chevreux fortement armé.

Le 16 avril 1917, il participe avec le 3e bataillon à la prise du bois. C’est alors qu’il est grièvement blessé par balle à la tête.

Emmené vers l’arrière, il est dirigé vers l’hôpital d’évacuation de Montigny sur Vesles.

Les jours passent mais malgré des soins attentifs, Paul va mal, la maladie s’ajoutant à la blessure.

Il décède le 30 avril 1917. Inhumé dans un cimetière proche, il est rapatrié plus tard et repose dans le caveau familial.

Le 5 juin 1917, le lieutenant Decroix de l’état-major du 8e, écrit au nom du colonel Roubert, cette lettre adressée à ses parents :

« Plein de bravoure, plein de gaieté, ayant en même temps un profond sentiment du devoir, Paul Courbois, s’était en effet attiré les sympathies de tous… ».

Croix de chevalier de la légion d’honneur, voici la citation à l’ordre de l’armée qu’il a reçue :

« A fait preuve d’un très beau courage se portant à l’assaut d’un bastion ennemi fortement défendu. A été très grièvement blessé le 16 avril 1917 au moment où il pénétrait dans la position ».


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Merci à Pascal et à Michel d’avoir partagé leurs documents à la mémoire de Paul !

L’émotion est d’ailleurs restée intacte dans cette famille d’officiers dont plusieurs ne sont pas revenus mais là, ce sont encore d’autres histoires ….

Posté par saint_omer 8ri à 09:09 - Mémoires de Poilus - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mai 2009

Retour sur l’Aisne 1

Retour sur l’Aisne 1

Le 16 avril 1916, le 8e est en ligne sur le Chemin des Dames sur une ligne allant de Troyon au Poteau d’Ailles. La carte jointe date de 1917, elle permet seulement de situer l’emplacement du 8e !

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Le 18 avril, le sous-lieutenant Zehnacker est tué par balle, originaire de Cognac, il repose dans la nécropole de Cerny en Laonnois.

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C’est le 23 avril au soir que l’ennemi bombarde l’ensemble du front et occasionne de nombreuses destructions. Il y a 8 disparus, 7 tués et 9 blessés.

Le 25 avril, la même opération reprend, c’est le soldat Pierre Huet originaire de la région nantaise qui est tué. Il repose également à Cerny en Laonnois.

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Après un renouvellement du bombardement le 30 avril, le 1er mai est une journée calme alors que le 4 mai, 9 soldats sont blessés, 2 sont tués par balle au cours de travaux.

Le 10 mai, des coups de main sont préparés. Les hommes du sous-lieutenant Lecomte doivent pénétrer dans une tranchée allemande et faire des prisonniers. Ils pénètrent bien dans la tranchée ennemie mais n’y trouvent personne !

Le 14 mai, le lieutenant-colonel Roubert qui était depuis plusieurs jours en permission, effectue son retour.

Posté par saint_omer 8ri à 20:18 - 7c - l'année terrible : 1916 - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mai 2009

Soldat Léonard Cordiez

Soldat Léonard Cordiez.


C’est le 11 août 1914 que Léonard est mobilisé dans la 17e compagnie du 208e d’infanterie.

Il participe aux combats de Dinant, de Voulpaix et de la Marne en septembre 1914.

En octobre, il est près de Pontavert avant de rejoindre le secteur du  moulin Cliquet près de Taissy le mois suivant.

En février 1915, il revient dans le secteur de Pontavert – la Miette puis dans celui de Sillery.

L’offensive d’Artois étant envisagée, il part vers Hébuterne le 6 juin 1915 où il va combattre et participer à l’organisation de travaux.

Le 3 octobre, il arrive à la ferme Navarin pour l’offensive de Champagne. Il y connaît l’horreur avant d’être envoyé dans la région de Verdun le 16 octobre.

En décembre, il est à Fresnes en Woëvre.

Le 22 février 1916, il est en ligne dans le bois des Fosses sur la côte 317, c’est la grande bataille de Verdun !

Le lendemain, il est toujours en ligne sur la côte 317.

Le 24 février vers 15h30, Léonard et sa compagnie sont attaqués par l’est puis débordés. Il faut donc se retirer.

A 17h, Léonard est atteint d’un éclat d’obus à la tempe et décède, « Mort pour la France ».

Ces quelques lignes m’ont permis de rendre hommage à la mémoire de ce soldat.

Sur la photo, il a le bras gauche à la hauteur de sa poitrine.




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01 mai 2009

Le 208e à Verdun !

Le 208e à Verdun.


C’est le 10 janvier 1916 que le 208e, venant du fort de Moulainville, arrive à Verdun et cantonne à la caserne Marceau.

Les jours suivants se passent en exercices, en reconnaissances de secteurs dont notamment le sous-secteur de Louvemont.

Le 21 janvier, plusieurs soldats sont décorés de la médaille militaire.

Le 27 janvier, le 6e bataillon reçoit l’ordre de se rendre à Chattancourt, à l’ouest de Verdun tandis que le 1er février, les autres éléments se dirigent et cantonnent à Lombut, Choiseul et Germonville.

Le 13 février, l’ensemble du régime revient à la caserne Marceau d’où il part le 15 pour Bezonvaux.

Le 16 février, il est à Douaumont où il effectue des travaux.

Voici les positions le 21 février, jour où le bombardement éclate :

L’état-major, la CHR, les 18e et 21e compagnies sont au fort de Douaumont, les autres compagnies sont de la ferme Thiaumont à Bezonvaux.

Le 5e bataillon au bois des Fosses – côte 317

Ce 23 février, la 17e compagnie tient la côte sous un fort bombardement, la 18e arrive en renfort et dès 8h, le 24, le bombardement reprend en provocant beaucoup de pertes. La 23e compagnie vient les renforcer mais subit à son tour de nombreuses pertes alors qu’elle se trouve à la lisière du bois.

L’ennemi attaque, la 23e est débordée, Beaumont est occupé pendant le midi, la 24e compagnie plus au sud du village, tente de maintenir l’ennemi jusqu’à épuisement des munitions.

Soudainement, la côte est attaquée à son tour et malgré la défense acharnée, la 18e compagnie est contournée et prise. La 17e sans munitions et sur le point d’être prise, se replie à 800m au sud et est approvisionnée en munitions par le chef de bataillon Demay du 273e.

Le 25 février, la 17e poursuite son repli avec quelques éléments de la 24e et revient à la caserne Marceau…

Le 6e bataillon au ravin de la Vauche

La journée du 22 février est calme pour le bataillon alors que le lendemain après-midi, le bombardement provoque de nombreuses pertes.

Le 24 février, les compagnies sont dissimulées dans les taillis du bois Hassoule, le fort de Douaumont est fortement bombardé par obus toxiques lorsque l’ennemi attaque. La 20e compagnie est en 1ère ligne. La 19e est sur la droite sur la côte 338, les 21e et 22e étant à proximité.

Les mitrailleuses de la 1ère section en place entre le bois et la côte, tirent en direction du ravin durant la nuit.

Dès le matin du 25 février, les 3 sections de mitrailleuses sont en place, la 1ère se trouve avec le 2e BCP, la 2e avec le 95e RI à Douaumont, la 3e entre le bois et la côte.

En début d’après-midi, l’ennemi attaque, les compagnies et les sections se replient sous le nombre, sont débordées et combattent au corps à corps.

Parmi les tués, figure le lieutenant-colonel Puech mort au combat au fort de Douaumont.

C’en est terminé de la bataille de Verdun pour le 208e !

Ceux qui ont pu se tirer de ce guêpier arrivent, dispersés à la caserne Marceau.

La liste des disparus est très longue, parmi ceux-ci, il s’agit de prisonniers pour un grand nombre.

Afin de vous aider dans la recherche des lieux, je vous joins une carte : tenez compte seulement des traits en rouge qui indiquent les positions des bataillons au 25 février 1916 car ce canevas inidique les positions de mai 1916.

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Voici ce qu'il reste de l'ouvrage de Bezonvaux (photo 2005) occupé par les français en 1914, par les allemands le 25 février 1916 où il aurait servi d'ambulance puis bombardé par les français plus tard jusqu'à sa "reprise" en 1918.

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A noter pour ceux qui s'intéressent aux villages détruits, un excellent ouvrage que je vous recommande (je n'ai pas de prime pour la pub...), le mien, réservé, vient de mon ami Jean-Luc Kaluzko...

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1 heure après le message, je vous joins une photo du parcours du 208e de la caserne Marceau à Bezonvaux.

Cette photo vient de Jean-Luc Kaluzko suite à sa visite sur le blog, alors : merci Jean-Luc de partager tes photos aériennes difficiles à réaliser et d'un coût non négligeable  !

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16 avril 2009

Retour sur l'Aisne

Retour sur l’Aisne.

C’est le 2 avril que le 8e embarque à Ligny en Barrois pour arriver à Château-Thierry et Mézy en pleine nuit.

Le 3 avril, les cantonnements sont les suivants :

Barzy sur Marne pour l’état-major et la CHR,

Jaulgonne pour le 1er bataillon,

Fresnes pour le 2e bataillon,

Marcilly pour le 3e bataillon.

Les jours suivants se passent en repos jusqu’au 12 où c’est le départ pour Fismes.

Le 13 avril, le 8e est aux tranchées de Paissy après avoir relevé le 249e RI.

Après les reconnaissances, les bataillons procèdent à la relève des bataillons en place dont notamment l’un du 123e RI.

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Posté par saint_omer 8ri à 21:10 - 7c - l'année terrible : 1916 - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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