Le sous-lieutenant Paul Courbois.


Incorporé au 8e en septembre 1914, Paul est nommé sergent le 30 janvier 1915.

Au front en mars, c’est le 12 juin qu’il est nommé sergent-major dont le poste consiste à aider le capitaine dans la gestion de la compagnie.

Paul_Courbois_b

Il participe alors aux combats des Eparges et du bois d’Ailly avant son retour sur l’Aisne au bois de Beaumarais non loin de Pontavert.

Comme tous, il souffre du froid et de l’éloignement de ses proches.

Il connaît aussi le cafard comme tout soldat et en fait part à ses parents. Il le regrette et le 12 janvier 1916, il écrit en ces termes :

« Les misères physiques sont rares, ce n’est rien. Quant aux misères morales, elles sont guéries dès que j’ai de bonnes nouvelles de vous ».

Et puis, c’est l’enfer de Verdun où il est en ligne le 27 février 1916.

Après une période de repos, il rejoint la région de Paissy sous le Chemin des Dames.

Le 6 septembre, il connaît un autre enfer : c’est la bataille de la Somme.

Trois jours plus tard, il écrit :

« Quel tragique et sublime spectacle ! Jamais, je n’ai rien vu d’aussi grandiose et comme on est fier de marcher sur la terre de France reconquise. Je vous écris au milieu d’un véritable enfer, la canonnade fait rage… ».


paul_courbois_lettre

Le 29 septembre, Paul est promu sous-lieutenant dans la 3e compagnie de mitrailleuses. La tâche est ingrate et très dangereuse, les mitrailleurs étant particulièrement visés par l’ennemi…

Voici 1917 : janvier et février se passent à Beauséjour dans la Marne, secteur très meurtrier de 1915.

Une grande offensive se prépare, il s’agit de celle du Chemin des Dames.

Paul est en ligne non loin de Craonne où il a la mission de reprendre le bastion de Chevreux fortement armé.

Le 16 avril 1917, il participe avec le 3e bataillon à la prise du bois. C’est alors qu’il est grièvement blessé par balle à la tête.

Emmené vers l’arrière, il est dirigé vers l’hôpital d’évacuation de Montigny sur Vesles.

Les jours passent mais malgré des soins attentifs, Paul va mal, la maladie s’ajoutant à la blessure.

Il décède le 30 avril 1917. Inhumé dans un cimetière proche, il est rapatrié plus tard et repose dans le caveau familial.

Le 5 juin 1917, le lieutenant Decroix de l’état-major du 8e, écrit au nom du colonel Roubert, cette lettre adressée à ses parents :

« Plein de bravoure, plein de gaieté, ayant en même temps un profond sentiment du devoir, Paul Courbois, s’était en effet attiré les sympathies de tous… ».

Croix de chevalier de la légion d’honneur, voici la citation à l’ordre de l’armée qu’il a reçue :

« A fait preuve d’un très beau courage se portant à l’assaut d’un bastion ennemi fortement défendu. A été très grièvement blessé le 16 avril 1917 au moment où il pénétrait dans la position ».


SL_Paul_Courbois_b

Merci à Pascal et à Michel d’avoir partagé leurs documents à la mémoire de Paul !

L’émotion est d’ailleurs restée intacte dans cette famille d’officiers dont plusieurs ne sont pas revenus mais là, ce sont encore d’autres histoires ….