Sergent Antoine Fourt 8e RI

 

De la classe 1914, Antoine Fourt est domicilié à Paris où il est dessinateur industriel.

Incorporé au 4e régiment de dragons le 9 septembre, il passe au 110e RI de Dunkerque un mois plus tard.

Caporal en décembre, il est sur le front de Champagne en mars 1915 dans le secteur très bombardé de Suippes lorsqu’il est muté au 8e RI.

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Il y rejoint la 7e compagnie, se fait remarquer aux Eparges, sur le front de Meuse et nommé sergent après le combat où 400 hommes ont été tués et disparus.

Après quelques jours de repos, il est dirigé vers le bois d’Ailly, au sud de St-Mihiel, où la bataille fait rage.

Le régiment y subit de violentes attaques et de nombreuses pertes.

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le bois d'Ailly : tranchées 2005.

Mis en route, il part vers le front de l’Aisne dans le secteur de Pontavert/bois de la Mine puis un peu plus loin à Beaumarais près de Craonne et enfin à Berry au Bac jusqu’en fin d’année.

Février 1916 : le régiment doit se porter à Verdun.

Le 26, il se trouve aux casernes Chevert, le canon tonne sur la crête !

Voici un extrait des faits relatés par un officier du 8e :

« On part à l’heure indiquée… Péniblement, nous arrivons à Fleury à l’aube où nous passons la journée. Avions boches et saucisses signalent notre présence.

On part à 21h00 pour la relève du 85e RI. Nous contournons Fleury puis prenons le ravin boisé qui va rejoindre celui où passe la route Bras/Douaumont.

Nous recevons plusieurs marmites mais par bonheur, elles n’éclatent pas et il n’y a aucun blessé mais quelle sensation durant le trajet !

Le 27 : le régiment a réussi à arriver à la crête et s’installe dans le bois de sapins.

Les boches contre-attaquent mais sont repoussés.

Vers 6h00, les premiers blessés sont évacués et seuls 8 d’entre eux, couchés, partent vers Verdun… ».

Blessé très sérieusement au bras gauche et aux jambes par balle à Haudraumont, Antoine fait sans doute partie de ceux-ci. Il est ensuite évacué vers l’ambulance 3/1 de Dugny puis vers l’arrière.

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Lieu approximatif de blessure au X.

En 1917, il est muté dans l’artillerie lourde puis démobilisé en septembre 1919 alors qu’il se trouve dans l’artillerie spéciale.

Il s’engage en 1926 et effectue plusieurs campagnes en Algérie et au Maroc jusqu’en 1938.

Cité à l’ordre du corps d’armée en 1934, il est Chevalier de l’Ouissam Alaouit, un ordre distinctif marocain.

Je remercie Elisabeth, sa petite-nièce de son partage.