Caporal Robert Logier 8e RI

 

De la classe 1915, Robert Logier quitte son village de Guines le 12 décembre 1914 pour être incorporé au 43e régiment d’infanterie de Lille.

Il est alors étudiant.

Nommé 1ère classe puis caporal, il rejoint la 7e compagnie du 8e régiment d’infanterie le 20 mai 1915 dans la région de Pontavert et du bois de la Mine.

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Il prend part à l’attaque du 7 juin et se heurte à un réseau de fils de fer électrifié rendant la progression très lente…

Durant la période du 30 juin au 7 août, il est à l’intérieur puis revient dans le secteur de Berry au Bac/le Choléra ainsi que dans celui de la Miette.

Il s’agit en fait d’une zone s’étendant non loin de Craonne jusqu’à Berry au Bac.

Il quitte cette zone à la mi-novembre pour Roucy à quelques kms plus au sud.

Nous sommes en 1916, l’année de la grande bataille de Verdun !

Après une période d’instruction, le régiment est dirigé vers Verdun avec pour mission de s’emparer de la ferme d’Haudromont.

Dans la nuit du 26 au 27 février, Robert fait partie de ceux qui escaladent la pente sévère en direction de la ferme.

 

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Attaque nuit du 26 au 27 février.

Sous un fort bombardement, les compagnies tiennent le lieu malgré des pertes sévères.

En effet, en quelques jours, on dénombre 168 tués, 80 disparus et plus de 570 blessés !

Dans son carnet, l’abbé Paul Dubrulle indique que dans la soirée du 26 février, l’anxiété était grande…

"Pour nous, modestes troupiers, nous étions dans une ignorance complète de la situation réelle et nous avons passé la journée dans une sorte d’indifférence et même dans une certaine tranquillité…

Amenés à la pointe du jour dans un bois situé sur le flanc du vallon, nous formions la réserve des troupes qui luttaient ce jour-là.

Nous n’avions donc en attendant le moment d’intervenir qu’à contempler le spectacle… bientôt leurs marmites arrivaient drues…

Nous entendions le sifflement avertisseur lent d’abord puis s’accélérant rapidement… nous apercevions soudain un gros nuage noir puis longtemps après une secousse formidable."

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Abris à Haudromont.

En avril, le 8e rejoint Paissy sur le Chemin des Dames.

Robert participe à un coup de main sous les ordres du sous-lieutenant Edgard Lecomte et s’en tire sans blessure.

Lors de la bataille de la Somme, il est blessé par éclats d’obus le 15 septembre 1916 et évacué par les brancardiers de sa compagnie dans laquelle figure Paul Montois qu’il connaît bien et qui sera tué l’année suivante.

 

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Guéri le 15 février 1917, il rentre au dépôt de Bergerac qu’il quitte pour rejoindre le front des Flandres belges à Mangelaere le 19 octobre.

En avril 1918, il est muté au 1er régiment d’infanterie de Cambrai, nommé sergent puis aspirant suite à ses excellents états de service.

Le 11 novembre, l’armistice est signé, il part en occupation et est nommé sous-lieutenant en juin 1919.

Démobilisé en août, il effectue plusieurs périodes en tant que lieutenant puis capitaine jusqu’en 1939.

Robert était membre de l’amicale du 8e RI et se plaisait à revoir les anciens lors de ces réunions.

Il est décédé dans sa 100e année après une vie bien remplie.

Merci à Colette, sa fille, qui m’a permis d’écrire et d’illustrer cette page.